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Le clocher Tors de Boulancourt

Le samedi 30 octobre 2010, l’église Saint Denis ouvrait ses portes au terme d’une restauration dont l’évènement avait été, en juillet, la pose d’un clocher tors, le premier en Seine et Marne !!

panneau clocher tors

 

clocher 2

Le clocher a été restauré en 2010 avec une flèche de section carrée torse pour 220.000 €. Avant cette date, il était en pavillon à faces plates.

Boulancourt (77760) Église Saint-Denis. Le clocher a été restauré en 2010 pour 220.000 euros. Avant cette date, il était en pavillon à faces plates.

 

Sa flèche hélicoïdale – dite torse ou flammée – a été réalisée par Éric Fortier, charpentier à Amponville.

Il répond à nos questions :

D’où vous vient votre passion pour le travail du bois ?

Éric Fortier :

– Mon arrière-grand-père était charron, mon grand-père charron-menuisier, mon père charpentier-menuisier, et moi-même ainsi que mon frère, sommes charpentiers-menuisiers. Comme vous le voyez, c’est une histoire de famille depuis l’an 1897, depuis quatre générations !

Créer un clocher tors est donc une opportunité exceptionnelle. En quoi cela aurait-il pu représenter une difficulté supplémentaire pour vous ?

Éric Fortier :

– D’abord, parce que je n’avais jamais travaillé sur un clocher tors. Bien sûr, travailler sur un escalier hélicoïdal demande le même type d’approche, la même maîtrise de ce que l’on appelle les « bois croches », qui sont ces bois adaptés à la réalisation d’une courbure, mais l’échelle n’est pas la même ! Ensuite, parce que les clochers tors sont assez rares. Il y en a quelques-uns, non loin de Boulancourt, comme à Puiseaux, dans le Loiret. Plus de 80 % des clochers tors seraient le fruit du hasard, leur courbure aurait pour origine la déformation de leur charpente car, avec le temps, le bois a travaillé. Enfin, dernier challenge, notre entreprise travaille à l’ancienne : pas de modélisation en 3D chez nous, mais des hommes, des artisans, avec chacun un savoir-faire unique. Nous avons donc commencé par faire une maquette au 1/10e.

Sur quelles autres parties avez-vous travaillé, hormis la flèche*, et avec quel type de bois ?

Éric Fortier :

– Nous avons réalisé le beffroi – l’ouvrage de charpente qui supporte les cloches – conçu en chêne, un bois dense, parfait pour résister au balancement des cloches, puis le fût, placé sous la flèche, à l’intérieur duquel est placé le beffroi. Le fût et la flèche ont été construits en lamellé collé*. Que l’on se place d’un point de vue technique, économique ou durable, c’était la solution la plus adaptée.

Quels sont les moments forts que vous retenez de cette construction unique ?

Éric Fortier :

– D’abord, la phase de préparation avec son cortège d’interrogations et d’angoisses. À ce propos, je tiens à souligner combien la municipalité, comme l’architecte, nous ont laissé le temps nécessaire à la réflexion, à quel point ils nous ont fait confiance. Ensuite, la phase d’assemblage, la joie de voir que ça fonctionne grandeur nature. Les deux phases ont duré plusieurs mois chacune…Le fût a été monté en atelier, démonté puis remonté au village. Le beffroi et la flèche, eux, ont été assemblés en atelier, convoyés en l’état sur place et montés à la grue directement. Le tout a pris deux jours à peine !

* Flèche :

Partie de charpente et sa toiture élancées en forme de pointe.

* Lamellé-collé :

Technique de réalisation de pièces de structure par collage de lamelles de bois, permettant la réalisation de poutres plus légère, plus longues, plus stables et plus résistantes idéales pour des charpentes courbées.

Montage de la flèche en atelier

montage fleche